Produit commun, c’est une simple poudre que l’on verse « en pluie » dans l’eau pour la rendre malléable. En principe, la quantité à verser pour obtenir une plasticité moyenne est atteinte lorsque la poudre atteint ou dépasse légèrement la surface. En réalité, la qualité du plâtre et surtout l’emploi auquel on le destine justifient des dosages bien différents. Des tests préliminaires sont donc indispensables pour cette raison et aussi parce qu’il est utile d’avoir une idée de la masse à préparer en fonction du temps de séchage et du volume ou de la surface à traiter.
Le mélange (soit le gâchage proprement dit) peut ensuite être réalisé de différentes manières : à l’aide d’une truelle, d’une spatule ou bien à la main. L’important est d’éviter que des bulles ou des grumeaux se forment. Il existe des mixeurs automatiques, mais étant donné le court temps de séchage du plâtre et les quantités imposantes que ces machines permettent de traiter, celles-ci ne semblent trouver que rarement des applications dans le domaine artistique.
L’étape de la « prise », c’est à dire de la cristallisation, à bien distinguer du séchage, nécessite un repos total car la structure moléculaire cristalline n’a pas la souplesse des macromolécules de l’huile de lin, de l’acrylique ou des résines. Elle est donc sensible aux chocs et à toute forme de mouvement. Certaines machines permettrent, par vibration stable et homogène, d’obtenir un plâtre extrêmement dense, pratiquement débarrassé de toute trace d’air.
La prise entraîne un dégagement de chaleur.
C’est lorsque ce processus s’achève que se produit le véritable séchage : l’eau qui pouvait être absorbée au niveau moléculaire a bien été intégrée, mais l’excédent doit s’évaporer. Cela prend des heures ou des jours en fonction de la dilution initiale.
Une fois sec, le plâtre ne peut être remis en solution sans l’emploi de dissolvants comme les acides, dont l’action est particulièrement destructrice.
Non protégé, il est très fortement sujet à l’érosion (eau, vent sur la surface nue). Aussi est-il déconseillé de placer durablement une oeuvre à l’extérieur, sauf protection particulièrement renforcée et réfléchie. Cires, gomme laque, huiles et produits contemporains, parfois mixés, sont indispensables. Il est également possible – mais insuffisant – de placer certains produits solidifiants et/ou assouplissants dans la masse dès le début.
Le plâtre est dur (plus dur que le carreau de plâtre), modérément lourd mais surtout très cassant.
C’est aussi un liant, c’est à dire que l’on peut parfaitement lui adjoindre un pigment (lire l’article consacré à ce sujet). Sa couleur blanche peut être exploitée pour les tons pastels ou rompus. Cette ressource est parfois employée en peinture décorative. Elle peut parfaitement l’être aussi en sculpture, en amont de l’application de patines.
Le plâtre à modeler peut être effectivement modelé, comme son nom l’indique, mais aussi coulé dans un moule dans l’objectif de réaliser une épreuve (enduire préalablement le moule de vaseline pour empêcher les effets d’adhérence). Il permet également de réaliser un moule, une empreinte (souvent à l’aide d’une bande plâtrée).
Le plâtre synthétique permet de réaliser des moules et des épreuves d’une précision supérieure.